Jour 6- Ressac

On dit qu’un âne ne trébuche jamais deux fois sur  la même pierre… 

Qu’est-ce que ma vie serait simple si j’avançais tout droit vers la perfection! 

J’aimerais tant pouvoir tirer les leçons de chaque échec, chaque erreur. 

Mais non. 

L’âne fraie son chemin, et moi je me prends sans cesse les pieds dans le même tapis.

Les vagues  se succèdent.

Tout paraît clair, magique, évident.

Puis tout se brouille. 

Dissonance. Tension. 

Je doute, j’ai peur, j’ai honte de ne pas faire mieux ni plus vite. 

De ne pas encore avoir tout compris. De ne pas être dans une paix constante.

Jusqu’à ce que « ça » lâche à nouveau. Clarté. Magie. Émerveillement… 

Résolution. Relaxation

Le rythme des vagues émotionnelles est comme une petite musique obstinée.

J’aimerais pouvoir baisser le volume, parfois. Arrêter ce chaos incessant, cette répétition dont je ne connais ni la fin, ni l’origine. 

Mais non.

A côté de l’Océan, j’entends la vague inlassable, l’éternel retour qui forme une musique aux contours changeants. 

A la fois profonde, grave et aigüe. 

Même quand le vent se met à siffler, que l’eau des nuages et celle de la mer semblent former un seul rideau gris-blanc… entre deux épisodes de grand bleu, grand soleil.

Je pourrais voir l’Océan comme un chaos incessant. 

Cette répétition, dont je ne connais pas la fin, ni  l’origine… 

Je pourrais entendre la dissonance, la tension. 

Avoir envie de baisser le volume. D’arrêter ce chaos incessant.

Mais non.