Jour 4- Vacance(s)

Lorsque l’étau se déserre, les réflexes et les compulsions apparaissent  au grand jour.

L’agenda vide ou presque, comme une page blanche attendant la plume ou le pinceau, peut créer un sentiment d’étourdissement, une sorte de vertige de décélération.

La ligne du temps habituelle, obèse, avec tout à faire en même temps, des échéances qui s’affichent en rouge, des points d’exclamation pour les urgences en retard… fait sa cure d’amaigrissement.
Et avec sa cure, le manque.

Est-ce que vous aussi, tout en râlant devant la montagne de tâches que vous réserve votre journée, vous sentez que cette sur-occupation vous donne une valeur? Est-ce que lorsque le téléphone ne sonne plus, que les rendez-vous se raréfient, que le temps « libre » commence à créer des blancs dans la partition de votre agenda, vous sentez ce petit pincement? 

Avez-vous aussi une peur profonde de ne plus pouvoir « assurer », ou la honte de ne pas en savoir assez pour être encore « utile » donc « payable », si pas « employable »?

Nous avons besoin de vacances pour prendre du recul, retrouver nos buts à long terme, ré-équilibrer notre corps et notre esprit si nous avons abusé du travail, oublié de respirer, négligé l’hygiène de vie élémentaire (hydratation, mouvement, nourriture adaptée à nos vrais besoins…), rogné sur nos temps de sommeil…

Mais lorsque nous prenons du recul, la vague puissante de nos compulsions s’exprime. 
C’est chouette…, d’habitude elle nous téléguide et nous pousse à des comportements excessifs à notre insu ! J’entends la petite voix qui dit : tu n’as pas honte, il y a encore tellement de choses à faire. Tu te reposera plus tard (quand?)…tu n’as pas encore atteint le minimum de résultat pour te sentir en sécurité…

Ca tombe bien : le sentiment de sécurité EST un sentiment. Non une mesure de résultat. 
Tant que je ne me sens pas en sécurité, rien de tout ce qui me motive vraiment, aucun plaisir de vivre, de bouger, de créer, de jouer, n’est possible. 
A l’étage 1 de mes besoins. Il y a ce sentiment de sécurité. 
Oui j’ai besoin matériellement d’un toit sur ma tête. De nourriture, de sommeil, d’être à l’abri des prédateurs qui pourraient m’ôter la vie, là, tout de suite. 

Mais je parie que vous, comme moi, avons déjà tout cela. 
Donc il ne reste qu’à stopper la machine des parasites intérieurs que sont les multiples masques de la peur.
La peur de l’agenda vide sera mon sujet pour aujourd’hui.
Jusqu’à ce que je puisse remplir mon agenda futur de passions, de buts, de belles et joyeuses réalisations. 

(Millefeuille en solo : 

Quand je pense à ma peur de l’agenda vide, je me sens…. et on laisse se dérouler, se dégager, spontanément, ou avec l’aide d’un testeur, toutes les couches d’émotions, de croyances, les sensations, les identités…jusqu’au point zéro ou l’on se sent totalement en paix)