Jour 2- L’océan

Le jour 1 a duré 29 heures… voyage + décalage horaire.

Long périple vers mon refuge d’hiver. Loin du sentiment de cacophonie, d’incohérence, de chaos qui a occupé presque toute cette année étrange.

Une toute nouvelle sensation, au décollage de l’avion bondé. De nombreux enfants en bas âge. Ceux qui me font craindre habituellement des pleurs, des coups de pied, des cris de frustration et de colère au fil des heures à attendre sans bouger que le vol se termine. Je choisis pourtant de sortir de cette pensée et cette crainte. J’opte pour l’option : « Oui l’énergie est partout, derrière et autour de tout, comme le silence autour de chaque son. ». Et ma propre vibration intérieure, invisible, rencontre toutes ces ondes sonores et silencieuses autour de moi. (Je me dis que je suis un peu timbrée, mais bon…)

Donc? 

Habituellement je ressens et vibre de la résistance, de la résignation, de la frustration, face à cette promiscuité et ce confinement transitoire d’un groupe improbable d’inconnus. Je me rappelle (oui, glauque, a priori…) ces films où une catastrophe, un évènement survient,  et les inconnus deviennent solidaires, alliés ou pas, découvrant leurs points communs, apprenant à se connaître par nécessité.

Durant ces quelques heures, je dis que je pourrais commencer par gommer (en moi) cette résistance face au « non-choix » d’être ensemble, face à une concurrence pour l’air et l’espace, une sorte d’hostilité sourde (totalement imaginaire et parano de ma part)…

Je retrouve l’image et la sensation du coeur dilaté, totalement présent, concentré sur l’Intensité du temps présent. Comme lorsque, en scène, j’accueille le public à l’intérieur de mon coeur imaginaire, dilaté, ouvert, vibrant, pour accomplir mon job de messagère de Beauté, d’Harmonie.

Je n’ai pas d’instrument, pas de message ou d’Oeuvre à faire entendre. Seulement ma respiration, mon silence intérieur. 

Croyez-le ou non. Un très joli silence se fait, durant de longues minutes. Coïncidence…. peut-être.

Le Son est désormais LE fil conducteur.  

Ecouter vraiment, écouter autour et derrière ce que j’entends et perçois.

Le bruit de l’Océan, tout près. Ma note porteuse pour plusieurs semaines.

C’est un rythme binaire (aller-retour)…mais…

Rien de régulier. Le sentiment d’une pulsation, d’un balancement, d’un bercement réparateur. 

Impossible de marquer cette pulsation. Beaucoup trop complexe pour mon petit métronome intérieur.

Cette « pulsation » me permet pourtant de marcher, de me balancer, de danser, sans jamais me sentir en décalage. 

Comme si elle contenait toutes les pulsations, toutes les vitesses, toutes les mesures. Incroyable!

Le groupe du stage que je  viens de quitter continue a échanger de jolis messages. Comme une résonance à quatre jours passés à partager, à créer ensemble une note commune, à trouver l’Accord. L’accord : j’adore!

Aujourd’hui je commence à ré-écrire sur le travail de la voix, les liens entre la kinésiologie et les sons réparateurs. Le prochain stage est en gestation…

Sons chantés, diapasons, cloches,  bols chantants. Ces sons uniques qui ré-équilibrent. Ces « corrections » qui ré-accordent notre instrument humain.

Devant l’Océan, ce qui vient est simplement l’accord parfait. Do Mi Sol Do. Respiration, chant, écoute… Quelques minutes suffisent. 

Et si dans chaque endroit l’harmonie était là, n’attendant que de s’exprimer grâce à notre silence d’écoute ou quelques sons alignés? 

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