Bien-être et mouvement pour apprendre

L’apprentissage de la musique, tout comme celui d’un sport de haut niveau, est un chemin d’ exigence physique et psychique intense : utilisation corporelle optimale, précision gestuelle, concentration, performance, résistance à la compétition… Au delà du développement sensoriel particulier, du travail de mémoire et des capacités d’analyse nécessaires, cette discipline globale invite chacun à s’impliquer émotionnellement et à découvrir ses capacités créatives, dans l’interprétation, l’improvisation voire la composition.

Cette voie constitue une expérience de plus en plus paradoxale pour notre corps et notre mental, si nous prenons comme point de départ nos habitudes de vie (sédentarité, fixation du regard devant de multiples écrans), le sur-développement de l’intellect analytique et le refoulement émotionnel « classique » en situation scolaire… sans parler de la gestion du trac que peut générer toute prestation, même minime, en public.

Les attentes des élèves et des professeurs, leur motivation ou non-motivation, les contextes d’apprentissage (locaux, horaires, nombre, mélange de niveaux…) génèrent souvent malentendus, incompréhension, frustration, mal-être, et parfois démission symbolique des uns ou des autres.

L’approche globale et pragmatique que je vous propose dans cet atelier est basée sur une analogie avec un  modèle de compréhension appelé les  « trois cerveaux » et leur fonctionnement en situation de stress.

Nos trois atouts

Nous allons confier à notre premier personnage (cerveau 1), baptisé pour l’occasion « PALEON » la gestion des stress intenses liés à la survie : peur panique, sentiment d’existence menacée… L’intensité de ce stress « primitif » est incompatible avec tout autre apprentissage que ceux qui, reliés à la menace, pourraient nous sauver la vie dans l’immédiat.
En situation ou la menace est imaginaire, l’urgence est d’informer Paléo que tout va bien…Désamorcer ses réactions avec un (auto)dialogue approprié et une mise en mouvement adaptée (mouvements d’allongement) est un préalable à toute acquisition véritable.
Pour progresser une fois la stress maîtrisé, Paléo est un atout exceptionnel car il nous permet de structurer, d’organiser notre vie avec des rituels, des routines que nous pouvons re-programmer afin qu’elles ne servent plus uniquement à nous sentir protégé(e) (compulsions, obsessions…), mais à installer toutes les nouvelles habitudes utiles dont nous pourrons avons besoin pour pouvoir compter sur notre « instinct » à tout moment (c’est la puissance de l’entraînement) et gagner une vraie confiance en nous lors de nos performances.

Notre deuxième personnage (cerveau 2), que je nommerai « LIMBIC« ,  gère nos stress émotionnels. Lorsque l’intensité d’une émotion devient trop intense et que nous nous sentons submergé(e)s,  doutons de notre capacité à faire face à la vague émotionnelle présente, il nous déconnecte, et nous sommes déconcentré(e)s, décentré(e)s, parfois même absents…

L’urgence est de stopper l’emballement émotionnel en agissant sur notre respiration, en mobilisant nos muscles par le mouvement afin de ramener l’attention et la disponibilité réelle.
Pour progresser une fois l’équilibre rétabli, Limbic est un atout exceptionnel, car l’émotion n’est pas seulement la base même de la mémoire, donc de l’apprentissage… l’émotion est notre guide intérieur mais aussi le carburant de notre moteur et de notre motivation….

Notre dernier atout (cerveau 3) s’appellera NEO, si vous le voulez bien. Je n’ai pas besoin de vous décrire ses atouts une fois en équilibre, car, contrairement aux deux précédents personnages, la plupart des gens savent qu’il est utile, nécessaire et c’est là qu’ils placent, habituellement, leur « intelligence ».
Mais, sous stress, notre personnage a tendance à se dissocier en deux zones qui communiquent beaucoup moins. Deux hémisphères qui une fois dissociés, rendent beaucoup plus compliquée la motricité fine, mais aussi l’analyse, la synthèse, les réponses intellectuelles et motrices appropriées, sans parler des capacités créatives et la maîtrise consciente de tous les autres personnages de cette histoire.

Dans l’urgence, des mouvements appropriés (croisement de la ligne médiane et ré-intégration de la latéralité) peuvent ramener rapidement les capacités d’analyse, de synthèse et les réponses intellectuelles et motrices adéquates.

Gérer le stress, retrouver la joie de l’apprentissage par le plaisir du mouvement, développer des capacités de plus en plus fines de jeu et d’expression, autant d’applications possibles de ce travail d’accompagnement par le bien-être et le mouvement, utilisable de la formation initiale des musiciens à l’aboutissement de leur direction personnelle de performance ou de création musicale.

Cet  atelier pratique intitulé « Bien-être et mouvement pour apprendre »  a été offert dans le cadre du congrès de l’APFM en octobre 2009. Vous voulez en savoir plus : Voici quelques références bibliographiques.

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